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Carnet de voyage : À la découverte de Camopi (1/2)

L’association Kamopi Wann nous a invité à l’inauguration de 15 canoës-kayaks, reçus grâce aux fonds européens (FEDER), le 2 juillet dernier. Originaire de Camopi, cette association nous a permis de découvrir cette commune, la 3ème plus grande de France par sa superficie.

Navigateurs de l’extrême

L’arrivée à Camopi se mérite. Après 2h30 de bus pour rejoindre Saint-Georges, nous embarquons sur une grande pirogue qui nous emmène à Saut Maripas, réputé le plus dangereux et le plus beau saut de Guyane. Pour passer le saut, nous nous arrêtons sur le banc de sable, et nous traversons les rochers pour récupérer une pirogue de l’autre côté. L’exercice est périlleux pour les piroguiers, beaucoup moins pour nous. Pour avertir les navigateurs de venir récupérer les visiteurs, des gens sont postés sur les rochers et envoient des signaux en agitant des fanions et des vêtements.

Le temps de visiter les anciennes habitations et déjà nous repartons sous la pluie. Cette fois, ce sera 4h de pirogue sans arrêt. Les paysages sont magnifiques et imprégnés d’une atmosphère particulière. Nous naviguons sur le fleuve Oyapock qui marque la frontière entre le Brésil et la France. Plus nous avançons et plus il est facile de constater la différence entre les deux rives. Le côté brésilien est festif, rempli de village comme Vila Bela, créé par et pour l’orpaillage. Le côté français est quant à lui calme, peu habité et correspond bien à l’image d’un parc national. Vers 17h, nous arrivons au camp Mokata, qui sera notre hôte pour le week-end.

P1080487SautMaripas

 

 

 

 

 

 

Camopi, premier aperçu

Après une douche (froide) et un petit déjeuner copieux, nous allons sur le bourg de Camopi, à 5 minutes en pirogue du camp. Avec près de 1665 habitants (recensement de 2012), nous sommes curieux de voir un des villages les plus isolés de France. Autrefois, il fallait une autorisation préfectorale pour venir sur cette commune. Depuis juin 2013, le bourg de Camopi est sortie de cette Zone d’Accès Réglementée (ZAR), afin d’en faciliter son développement économique.

La première chose que l’on voit en arrivant au bourg de Camopi, c’est le grand fromager de la place des fêtes. Il est impressionnant et visible depuis presque tous les endroits du village. Les maisons sont toutes semblables, comme si elles avaient été amenées en kit. Une école et un collège se trouvent dans le bourg, ainsi qu’un hall sportif qui abrite la piscine et l’équipe de « Ma Guyane Nage », pour 1 mois et demi. Les habitants sont discrets et le calme règne sur le bourg. Un libre service, une boulangerie, un dispensaire, deux restaurants, et une base de gendarmerie forment l’ensemble du village.

En septembre 2015, on annonçait l’ouverture de la ligne aérienne Cayenne – Camopi pour les vacances de Pâques. En ce début des vacances d’été, les habitants de Camopi attendent toujours que l’aérogare ouvre. Désenclaver Camopi pour y développer une activité économique et tenter de réduire les problèmes récurrents qu’on y retrouve, tel est bien l’objectif.

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Inauguration des canoës-kayaks

EwardJBLe président de l’association Kamopi Wann (les habitants de Camopi), Edward Jean Baptiste, fait son discours en français. Il explique que l’association a 3 ans, qu’il a passé son BAFA, spécialisation kayak, grâce aux Centre d’Entraînement aux Méthodes d’Education Active (CEMEA)  et à la Direction de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale (DJSCS). Comme lui, d’autres jeunes de Camopi ont reçu des formations et ont passé leurs BAFA. L’objectif est qu’ils animent des activités culturelles et sportives au sein de la commune, afin d’éviter que les jeunes s’ennuient et ne tombent dans des mécanismes autodestructeurs.

Françoise Leconte (CEMEA) a aidé ces jeunes à monter leur demande de subvention. Pour elle, cette inauguration c’est l’aboutissement d’un travail de longue haleine. Le plus important dit elle, c’est l’implication des Wann, de la communauté entière. Si le projet a été financé à 75% par les fonds européens du FEDER (à hauteur d’environ 11 000€), c’est parce que la même opération ailleurs n’aurait certainement pas eu le même impact. La priorité revient aux activités structurantes dans les communes isolées, et cela fait bien écho à l’appel à manifestation d’intérêts passé par le Parc Amazonien de Guyane, il y a peu. De plus, de telles initiatives peuvent à long terme développer des envies et structurer des filières plus large comme le tourisme local par exemple.

La parole de l’Aprosep est porté par Jean Cesto (Président). La structure a un rôle d’employeur dans la commune, et en Guyane d’une manière générale. Que ce soit via des contrats d’insertion, des emplois d’avenir ou des contrats en service civique, l’Aprosep coordonne la création d’emploi, suit et encourage les jeunes à faire comme Edward.

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