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Carnet de voyage : À la découverte de Camopi (2/2)

 Inauguration des canoë-kayaks (suite)

Finalement les discours se clotûrent par l’adhésion de l’association à la fédération française de canoë-kayaks (ffck) représenté par monsieur Pierre Joubert. C’est le 10ème club de canoë-kayak de Guyane et on peut déjà imaginer les échanges et les rencontres sportives possibles sur ce territoire garni de sauts. Avoir des kayaks leur permet de découvrir un sport, d’avoir une activité, et de s’épanouir dans un domaine pour lequel ils sont naturellement doués.

« Pey’o sibala’i Lé » ou « Pedzote sidzé balaradj » pour « Viens jouer dans l’eau avec nous ». C’est le slogan de l’association, écrit dans les deux langues amérindienne (Wayãpi et Teko).

La mise à l’eau des kayaks est impressionnante tant l’engouement des enfants est grandTous se précipitent pour prendre un kayak et partir en faire. Pascal de la DJSCS encadre les jeunes avec Pierre Joubert. Un jeu de passe à 10 commence entre les kayaks rouges et les kayaks verts. Les kayaks verts l’emportent par deux manches à une.

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Camopi, la frontière entre deux mondes

IMG_7508Les problèmes d’orpaillage se ressentent à Camopi. Le 20 février dernier, deux habitants de Camopi (un chef coutumier et un agent du Parc Amazonien) ont tiré sur une embarcation entrant illégalement en Guyane, avec à son bord des garimpeiros. Suite à cet évènement, la justice brésilienne a lancé des mandats d’arrêts contre ces deux personnes.

Loin d’être anodin, ce genre d’accident est récurrent dans la commune. En 2007 déjà, une affaire similaire avait eu lieu. Fatigués par les allers-retours incessants des orpailleurs brésiliens, qui volent dans leurs abattis et chassent sur les terres où eux n’ont plus le droit de le faire. Le dernier appel à l’aide du Gran Man et des chefs coutumiers date de décembre 2015 et fait état des rivières polluées par le mercure et des tensions récurrentes entre les deux rives. Un autre rapport alourdit encore ces propos. Ils portent sur le suicide des jeunes amérindiens et les causes de ce mal-être. Les causes sont nombreuses et variées, pression familiale et culturelle, manque d’activité, et indirectement internet. Avec cette ouverture sur le monde, les amérindiens voient d’autant plus les disparités qui existent entre eux et le monde « moderne ».

Parmi les propositions faites par la sénatrice, qui a écrit le rapport, certaines font échos à des actions comme celles menées par Edward, Françoise, l’Aprosep et l’Europe. Créer des fonds pour développer des activités dans les villages, lutter contre le désoeuvrement des jeunes, mettre en place des formations professionnnelles utiles dans les villages, ou encore mobiliser les connaissances ancestrales des amérindiens concernant la forêt pour la sauvegarder et y développer des activités durables comme l’éco-tourisme, ou la recherche en biodiversité.

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L’association Kamopi Wann, est un premier pas vers le changement. Ce club de canoë propose de la location de canoë-kayak à tous ceux qui le souhaitent (10€/jour), habitants, touristes ou encore professionnels. Et il y en a des choses à voir dans cette commune ! La crique Mémora préservée des impacts des activités d’orpaillage a une faune et flore incroyable (jaguars, loutres, atèles).  La zone est de plus caractérisée par la présence de vestiges archéologiques, polissoirs et céramiques, qui attestent de l’occupation précolombienne. Selon Pierre Joubert, il y a aussi un lac avec de l’eau translucide, dans lequel on pourrait faire de la plongée. De plus, en parlant avec Yves (gérant du camp Mokata), il y aurait également un lac sur une montagne à 2h de pirogue de Camopi.

Avec l’ouverture de l’aérogare, Cayenne ne sera qu’à 40 minutes. Le tourisme pourra se développer, un peu à l’image de celui de Saül. D’ailleurs le Parc Amazonien est en train d’établir une carte des sentiers et des sites naturels à voir pour la commune de Camopi. Ils sont de plus en train de créer un sentier de 3-4 km qui mènera à l’inselberg Susu Bella qui culmine à 251 m.

L’éco-tourisme sera peut être la réconciliation entre ces deux mondes.

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Informations et Contacts

  • Mail : asso.kmopywann@outlook.fr
  • Mail 2 : edwardjeanbaptiste2@gmail.com
  • Tél : 0694.49.29.70
  • Hébergement : Camp Mokata

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