Carnet de Voyage : Le camp Saut Léodate avec l’association Papakaï

L’association Papakaï nous a invité à redécouvrir le camp saut Léodate, dont ils sont les gestionnaires. À 2h du PK21 du Degrad Saramaca, le camp reflète la culture saramaka, dont l’association promeut les actions.

Papakaï

DSC05969Papakaï veut dire « Ara« , en saramaka. Que ce soit via la pirogue traditionnelle utilisée pour les sorties et construites entièrement en bois, ou au niveau des carbets qui ont une structure bien particulière, l’association fait tout pour promouvoir et expliquer cette culture spécifique au Suriname et à la Guyane française. L’histoire de ce peuple qui vacille entre esclavage, et guerre civile est riche et récente. Ce n’est par exemple qu’en 2007, que le gouvernement surinamais a reconnu le droit foncier du peuple bushinengué (Hommes de la forêt) dont les Saramakas représentent un des 6 sous-groupes.

Créée en 1991, l’association organise des sorties thématiques autour de la sculpture sur calebasse, des plantes médicinales, de la culture et des contes traditionnels, afin de partager leur histoire et leurs coutumes, et participe à des évènements sportifs, comme le biathlon amazonien qui passe sur leur camps.

Le camp Saut Léodate

Le rendez-vous au débarcadère est donné à 9h00, en même temps que les prestataires du camp Canopée, et de Wapa lodge. Dans la confusion des prestataires, avec un dégrad en plein chantier, nous arrivons quand même à repérer les organisateurs et nous partons à 3 pirogues (2 pour les clients, 1 pour les marchandises). Sur cette partie du Kourou, tout semble préservé, d’ailleurs un oiseau nous suit du début jusqu’à la fin, comme pour s’assurer que nous arriverons à bon port.

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DSC06033Le grand ponton du camp nous permet de débarquer nos affaires facilement. Le camp est immense et deux carbets collectifs sont situés à l’entrée, en face du fleuve. 5 autres petits carbets permettent un hébergement en lit ou en hamac. Des arbres fruitiers bordent l’ensemble des carbets, un terrain de volley est installé, ainsi qu’une sono dans le carbet restauration. Après avoir accroché les hamacs et avoir mangé un délicieux plat composé de poisson, dachine et banane jaune, nous entamons une partie de volley, que nous remplaçons rapidement par des allers-retours en canoë kayak, entre les différents bancs de sable et criques qu’il y a à explorer dans le coin.

Soirée culturelle

Quand le soir tombe, tout le monde se réunit afin de discuter avec Kevin, Renny, et les autres membres de l’association qui sont tous saramakas. Pour eux c’est une belle opportunité que de travailler sur un site touristique. Les gens sont curieux et veulent en apprendre plus. Dans notre groupe, il y a aussi des membres de l’association Guyane Québec. Leur objectif ? Créer des liens entre la Guyane et le Québec, différents par leurs climats, mais similaire sur d’autres aspects comme la préservation de la forêt par exemple.

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Suite à notre dîner composé d’une copieuse soupe de manioc et de poulet, Guyane Québec nous proposent de se rassembler afin qu’on échange blagues et dolos (proverbes). Peu habitués, nous écoutons plus que nous participons, et il faut le dire, l’association sait animer les soirées. La blague la plus marquante ? Celle du fou qui se prenait pour un grain de maïs :

«  Un jeune homme un peu original vient un jour voir un psychiatre :
- Écoutez docteur, j’ai un problème. Je sais que je suis un grain de maïs et que toutes les poules veulent me manger. Alors j’ai très peur des poules !
Le médecin l’écoute attentivement et décide de le prendre en main afin de le guérir.
Dix-huit mois plus tard, ils fêtent ensemble la guérison du jeune homme, lorsque le médecin improvise un lâcher de poule. En apercevant les animaux, le jeune homme s’enfuit à toute vitesse.
Le médecin le rattrape :
- Mais que faites-vous ? Vous savez bien bien que vous n’etes pas un grain de maïs ! Tous ces efforts, tout ce temps… Je suis certain que vous avez compris, non ?
- Oh oui, moi je sais que je ne suis pas un grain de maïs, mais la poule, elle, ELLE NE LE SAIT PAS !« 

Imprévus et retour à Kourou

DSC06073Le petit-déjeuner se fait dans le calme, avec un large choix de choses à manger. Pain grillé, thé, café, chocolat, il y a même du nutella pour les plus jeunes. La balade en forêt que propose l’association ne se fait pas, suite à des imprévus concernant les pirogues. Nous comblons le temps par des courses en canoë-kayak, et beaucoup de discussion. Le groupe réunissant des gens allant de 5 à 90 ans, et de nationalités complètements différentes (canadien, antillais, allemand, français, créoles …) la dynamique et les échanges sont plus que passionnants.

Le repas du midi est un repas typique en Guyane : Riz, haricots rouges et poulet. Le bocal de piment n’est de plus, jamais loin pour ceux qui le souhaitent. Le week-end s’achève déjà et c’est nostalgique que chacun remonte dans la pirogue, en faisant ces adieux au camp et à ses habitants.

Renseignements et ContactDSC06067

 

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